Autoportrait (Portfolio)
Autoportrait (Portfolio)

Autoportrait (Portfolio)

Comment introduire un entretien avec Frédéric Simonnet photographe pour de découvrir son regard photographique, sa vision… sans tomber dans les clichés de l’auto-interview qui, mieux que quiconque, se trouve génial ? Frédéric ne le supporterait pas !

Non, il préfère attirer l’attention sur sa recherche permanente de faire ressentir des émotions et d’éveiller la curiosité au travers de ses photographies.

Propos recueillis par Frédéric Simonnet 🙂

Q: J’ai regardé vos photos depuis 2015. C’est une galerie de votre vie qui, associée aux images présentées dans ce portfolio, dessine les contours de votre pratique photographique. Au fait, que ressentez-vous en pratiquant la photographie ?

Ce que je ressens, c’est du plaisir, beaucoup de plaisir ! La pratique de la photographie permet de nourrir mon regard. Je suis une personne visuelle. J’adore le moment où je découvre sur mon écran l’image que j’avais anticipée, avec parfois, la complicité de la chance. Chance qui s’invite au moment d’effectuer la prise de vue.

Q: Depuis 2015, vous avez photographié, des paysages, des scènes de rue, des portraits… Quel a été le plus difficile à photographier ?

Je pense que ce sont les scènes d’action, de personnes en mouvement, etc. Souvent, à main levée, la pratique demande de bien maîtriser son appareil photo. C’est souvent un défi.

Q: Pouvez-vous nous raconter une anecdote concernant une image d’action ?

Un jour, je me trouvais à Nice dans le but de faire de la photo de rue. Tout en marchant en direction du quai Rauba Capeu, j’ai déclenché à la volée mon Nikon pour prendre une de mes photos préférées. Un couple marchant sur le trottoir en direction de la mer. Sur cette image en noir et blanc, on voit un homme et une femme pris en cotre plongé donnant l’impression de danser sur le trottoir. Cette photo m’inspire beaucoup.

« …notre personnalité se projette toujours dans ce que nous photographions consciemment ou non. »

Photo de rue
Rencontre dans la rue – Nice 2017 [ISO xxx – Ouverture f/xx – Vitesse x/xxx – Objectif xxmm]

Q: La photo, vous la préférez en couleurs ou en noir et blanc ?

En noir et blanc. Tout simplement parce que le noir et blanc créent des images uniques et intemporelles. En supprimant les couleurs, l’accent est alors mis sur la texture, les formes, la composition et l’émotion. A l’origine de la photographie, le noir et blanc est le langage de base d’un photographe.

Q: Depuis toutes ces années (2015), vos photos montrent une évolution de votre style photographique, sans pour autant avoir un parti-pris. Vous donnez l’impression d’être en recherche perpétuelle de votre signature visuelle. Aujourd’hui, qu’en est-il ?

Je te répondrais par une question. Doit-on toujours chercher à avoir un style ? Néanmoins, je crois qu’il n’est pas toujours nécessaire de vouloir imprimer sa signature formelle sur chaque cliché. Pour ma part, je tente de réaliser des œuvres qui donnent de l’émotion ; dans ce cadre, je cherche constamment à faire évoluer mon style, à être créatif et à trouver de nouvelles idées. Tu sais en réalité, notre personnalité se projette toujours dans ce que nous photographions, consciemment ou non.

Q: Vous dites souvent que votre travail, c’est de donner des émotions ou d’éveiller la curiosité. C’est toujours votre vision ?

Bien sûr, c’est comme avec un film ou une peinture. Au premier regard, il faut que tu ressentes des émotions, sinon à quoi bon ? Ou comme avec un livre, il faut qu’il attise ta curiosité et ton imagination.

Q: Demain, pourriez-vous faire de votre pratique photographique votre métier ?

J’aurais aimé être « Reporter-photographe » pour pouvoir faire le tour du monde et raconter des histoires. « Le poids des mots, le choc des photos », slogan célèbre de Paris Match qui résume à lui seul, la puissance évocatrice des images. Je pourrais, mais cela me demanderait de me former à la gestion d’une commande. D’être plus structuré dans mon travail…

Q: Il semblerait aussi que la technique vous pèse un peu.

Ce n’est pas que je déteste la technique photographique, mais parfois, cela est un peu lourd dans la pratique. Effectivement, ce n’est pas la même chose avec son téléphone. Là, c’est la technologie qui travaille pour toi.

Q: Vous n’aimez pas les personnes qui ont un ego surdimensionné.

Je déteste ce genre de personne, je ne les supporte pas. Se prendre pour un maestro… c’est n’importe quoi. D’autant que souvent, ils n’ont pas de talent.

Merci, Frédéric, de ces éclaircissements.

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